Avec
Jeanne, Olivier Bramanti s’est imposé un cadre rigide : celui de suivre le tracé du défilé du Front National au coeur de Paris.
Contrainte de temps et d’espace, et pourtant Olivier Bramanti reste maître de la narration, c’est lui
qui décide, qui contrôle le rythme, qui prend place dans les cortèges pour mieux porter son regard. Là où tout est
ordonné, figé, pensé, réapproprié, il récupère à son tour, il utilise le parcours, les pas, les chants, les drapeaux, les
discours. Il plonge, héros anonyme, parmi les triples flammes et les troupes ennemies. Il observe, photographie, à
la fois témoin et conscient de participer, guide et un peu profane, il lui faut pourtant chanter cette Jeanne. Place de
l’Opéra, il chante La Marseillaise avec une vigueur que les autres n’ont pas.
Avec Jeanne, Olivier Bramanti nous livre une oeuvre forte et ambitieuse, un chant puissant et salvateur.